
Olivier Millagou
Free & Easy
6 septembre — 11 octobre 2025
Sultana
Pourquoi il faut y aller
Présent dans les fonds du CNAP, de plusieurs musées et FRAC, ainsi que dans de nombreuses collections privées, le travail d’Olivier Millagou est depuis quelques années conditionné par les enjeux environnementaux qui le sous-tendent.
Ce qu’on voit
Surfeur invétéré, Olivier Millagou pense ses pièces entre deux vagues et en dehors de tout atelier. Seule une nouvelle exposition ou une commande publique justifie que l’artiste entre en production, toujours avec le soin de limiter la consommation de matières premières et d’énergie et en réutilisant autant que possible des déchets en fin de cycle. Ainsi de cet ensemble de sculptures en aluminium coulées dans des contreforts de polystyrène, dessinant en creux des formes aviaires (Réemploi, 2025) ou de ces portraits, façon miniatures du Quattrocento, réalisés sur des moules en polyuréthane périmé.
On aime
La radicalité de ce processus créatif durable, entre considération écologique et philosophie de la sobriété, qui n’oublie pas d’être élégant dans sa réalisation.

Tursic & Mille
Lavis en Rose
6 septembre — 11 octobre 2025
Max Hetzler
Pourquoi il faut y aller
C’est la première exposition de Ida Tursic et Wilfried Mille dans l’espace parisien de la galerie Max Hetzler, qui les représente depuis 2015. Nominé pour le prix Marcel Duchamp en 2019, distingué par le prix de la Fondation Simone et Cino Del Duca en 2020 (et lauréat de celui de la Fondation d’Entreprise Ricard en 2009), le duo est connu pour son approche conceptuelle de la peinture.
Ce qu’on voit
Des tableaux de différents formats (de la petite nature morte sur bois au triptyque sur toile) unifiés par l’incandescence d’un lavis rose fluo. Les connaisseurs du duo retrouveront ici des thèmes récurrents dans leur peinture : du chien (motif domestique omniprésent dans l’histoire de l’art) à l’incendie. Les références, les styles et les registres se télescopent, comme dans la toile Mélancolie (2025) montrant une jeune femme apprêtée et impassible assise sur un canapé au milieu d’un paysage en flammes, juxtaposition du kitsch et du sublime.
On aime
Cet art de la distance n’empêche pas une forme d’effroi, glaçant comme l’ironie perceptible dans le titre de l’exposition : Lavis en Rose.

My onion canvases are ballet, the other canvases are also ballet
4 septembre — 4 octobre 2025
DS Galerie
Pourquoi il faut y aller
C’est à l’instigation du commissaire d’exposition Joël Riff qu’a eu lieu la rencontre entre la DS galerie et l’ayant droit du peintre Peter Marcasiano (1921- 1984). Ce dernier a produit son œuvre à l’écart des circuits marchands : on le (re)découvre.
Ce qu’on voit
Des natures mortes représentant des poissons, des fruits, des fleurs, dont les formes stylisées, fantomatiques, se détachent en blanc sur des fonds aux tons ocres ou violacés. Ces toiles, montées sur des châssis métalliques, côtoient les œuvres d’artistes émergents (Victor Gogly, Maude Maris, Hamish Pearch, Victor Pueyo, Maxime Testu, Milène Sanchez, Nils Vandevenne et Zohreh Zavareh) dans un dialogue fertile qui souligne leur intemporalité. Un livret accompagne l’exposition, avec notamment un joli texte d’Amélie Lucas-Gary.
On aime
La fraicheur et la puissance silencieuse de ces tableaux aux allures de photogrammes, qui pourraient dater de quelques siècles ou sortir de l’atelier.

Laurent Proux
The Nature Poem
30 août — 11 octobre 2025
Semiose
Pourquoi il faut y aller
La peinture de Laurent Proux fait l’objet d’un huitième solo à la galerie alors que paraît la monographie consécutive à son exposition au musée de l’Abbaye, Saint Claude, la première dans une institution.
Ce qu’on voit
Dans cette nouvelle série de tableaux, Laurent Proux tourne le dos aux espaces de travail industriels qui avaient jusque-là sa prédilection et promène notre regard dans la représentation d’une nature artificielle. Des corps nus y échouent, souvent entremêlés, par deux ou en groupe, dans des étreintes aberrantes, désirantes, parfois monstrueuses, inondées de lumière. Ainsi de Noon day Rest (2025), entre déjeuner sur l’herbe et scène d’accident, quand le couple de To the Night (2025) semble se fondre avec le paysage dans des reflets bleus et rouges vernissés de terre cuite.
On aime
Difficile de savoir ce que l’on regarde face aux tableaux de Laurent Proux, parce qu’il s’y donne à voir beaucoup de plans, de détails et de références et parce que leur sujet est ailleurs.

Franz Erhard Walther
Les couleurs sont des actions de la lumière…
13 septembre — 30 octobre 2025
Jocelyn Wolff
Pourquoi il faut y aller
Sélectionné à deux reprises par le commissaire Harald Szeemann dans des expositions devenues légendaires (When Attitudes Become Form, 1969, et Documenta 5, 1972), Franz Erhard Walther, Lion d’or à la Biennale de Venise en 2017, est l’un des principaux protagonistes du post-minimalisme, mais aussi l’un des plus discrets.
Ce qu’on voit
L’accrochage réunit un ensemble de dessins (au café, au thé et au graphite) ainsi que des sculptures en tissu, couvrant ainsi un demi-siècle de production. Inédite, la série de dessins datant du début des années 1970 témoigne de la réflexion de l’artiste sur les activations de ces sculptures, dont chaque croquis constitue en quelque sorte le protocole. Pour ce proche de Lygia Clark et de Walter de Maria, l’œuvre est en effet le support matériel d’un art immatériel, pensé comme une action.
On aime
Cet artiste historique (de la même génération que Gerhard Richter et Sigmar Polke), continue de produire une œuvre éminemment contemporaine, en particulier par l’implication du public dans son dispositif.

Sofía Salazar Rosales
L’insularité prend tout son sens…
4 septembre — 11 octobre 2025
Bremond Capela
Pourquoi il faut y aller
Élève de Tatiana Trouvé à l’école des Beaux-Arts de Paris, lauréate en juin dernier d’un Art Basel Award, Sofía Salazar Rosales était l’une des artistes émergentes sélectionnée par la Biennale de Lyon en 2024. C’est son premier solo en galerie à Paris.
Ce qu’on voit
Grille monumentale ouvragée, échafaudage, machettes suspendues dans l’air … les sculptures de Sofía Salazar Rosales mobilisent différents matériaux – barres d’armature, billes de verre, fil métallique, plâtre, béton, colle vinylique, paraffine, charbon de bois, paraffine, papier, cuivre, béton, perles, maille, tissu … Leur esthétique épurée, ouvertement artisanale, est chargée de références historiques et sociologiques comme autant d’échos aux récits de déracinements.
On aime
La grande versatilité de cette sculpture, et sa force poétique : au fond de la galerie, une pièce constituée par la fonte de bougies votives compose au sol une fresque colorée, paysage que l’on surplomb depuis une passerelle de tôle sonore, métaphore d’un monde à arpenter.

Eija-Liisa Ahtila
On Breathing
5 septembre — 4 octobre 2025
Marian Goodman
Pourquoi il faut y aller
Figure majeure de l’art vidéo apparue dans les années 1990, Eija-Liisa Ahtila s’est fait connaître pour ses Human Drama. Depuis une dizaine d’années, l’artiste finlandaise s’intéresse aux narrations écologiques.
Ce qu’on voit
Deux installations vidéo monumentales occupent les deux niveaux de la galerie comme deux portails ouverts sur la nature et qui lui donnent le premier rôle. Au rez-de-chaussée On Breathing (2024) nous fait entendre le souffle d’un chêne peu à peu enveloppé de brume matinale. Au sous-sol, déployés sur huit écrans formant une fresque de 12 mètres de long, les plans alternativement fixes et en mouvement de APRIL ≈ 61°01’ 24°27’ -qui a nécessité plusieurs mois de tournages entre la fin de l’hiver et le début de l’été – tissent une perspective temporelle subtilement diffractée dans l’espace.
On aime
La dimension expérimentale d’une démarche qui vise à élaborer de nouvelles formes de récit écologique et à imaginer des images moins anthropocentriques






