
Justin Fitzpatrick
The Yellow Book
29 novembre 2025 – 31 janvier 2026
Sultana
Pourquoi il faut y aller
Défendu par des galeries établies, présent dans des expositions collectives internationales, Justin Fitzpatrick s’est imposé comme l’une des voix singulières de la peinture figurative queer. Son style mêle imagerie biologique, références décoratives historiques et préoccupations politiques autour du corps, de la sexualité et du pouvoir.
Ce qu’on y voit
Un ensemble de tableaux de grand format convoquant de nombreuses références de la culture visuelle et littéraire (d’Eisenstein à Pasolini) ainsi que plusieurs styles artistiques historiques – arabesques Art nouveau, enluminures médiévales, imagerie psychédélique des années 1960, iconographie biomécanique… – Les silhouettes des personnages y fusionnent avec des architectures ou des dispositifs, conférant aux visions de Justin Fitzpatrick un caractère à la fois fantastique, sensuel et inquiétant.
On aime
La générosité voluptueuse de cette peinture qui recourt à une extrême sophistication ornementale pour suggérer une forme de noirceur mélancolique.

Lenard Giller
sediment
20 octobre – 20 décembre 2025
Petrine
Pourquoi il faut y aller
La galerie Petrine inaugure son nouvel espace avec ce solo de Lenard Giller. Cet artiste qui s’intéresse à la relation entre réalité et représentation fait ses débuts sur la scène de l’art contemporain, de la galerie Sadie Coles HQ, à Londres, au MACRO, à Rome.
Ce qu’on y voit
Au rez-de-chaussée, des diptyques associent des dessins en regard d’impressions Xerox en noir et blanc. Au sous-sol de la galerie, les sections d’un tronc d’arbre occupent tout l’espace. Ses branches s’immiscent jusque dans la zone de stockage de la galerie, maintenant sa porte entrouverte à la façon d’un cadavre encombrant. Enfin une série de boîtes remplies de ce qui ressemble à de la « sciure » de laiton sont disposées au rez-de-chaussée. Le théâtre de Brecht, et la nature dialectique de la production scénique, servent de cadre de référence à cette réflexion sur « les composantes matérielles, structurelles et émotionnelles sous-jacentes qui conditionnent la perception ».
On aime
La façon dont le geste viscéral se conjugue dans la pratique de Lenard Giller à une réflexion cérébrale.
Kaspar Müller
Driving through the countryside
27 novembre 2025 – 21 février 2026
Galerie Hussenot
Pourquoi il faut y aller
Kaspar Müller a bénéficié de plusieurs expositions personnelles dans des institutions (Kunsthalle Bern, Kunsthalle Zürich, Circuit à Lausanne… ) qui ont renforcé son statut d’artiste contemporain reconnu sur la scène européenne.
Ce qu’on y voit
Des motifs floraux de papier toilette, peints en tableaux à la façon d’un coloriage d’enfant, des objets décoratifs industriels assemblés de façon artisanale en sculptures lumineuses, au sol, un « mantra » composé de rebuts colorés et sur la mezzanine des silhouettes en paille figées dans des postures expressives qui semblent à la fois familières et décalées (et font écho à l’installation de Kaspar Müller sur la Münsterplatz, à Bâle, lors du Art Basel Parcours 2023).
On aime
L’esprit dada de cette proposition qui pose sur la société de consommation un regard ironique et cependant joyeux.

Camille Pradon
Verticales
4 décembre 2025 – 17 janvier 2026
Lilia Ben Salah
Pourquoi il faut y aller
La deuxième exposition personnelle de Camille Pradon dans sa galerie parisienne rend compte de l’approche conceptuelle multidisciplinaire (photographie, dessin, céramique …) de cette artiste émergente à l’écart des modes. Son travail a déjà été présenté en France et à l’étranger.
Ce qu’on y voit
Plusieurs leporello déroulés à la verticale, leurs pages blanches ponctuées de touches d’aquarelles comme les notes d’une partition, Aria en suspens. Des photographies argentiques aux qualités picturales dont le grain souligne l’oxydation de la matière, des céramiques, certaines émaillées, comme ce vase qu’on dirait en bronze accueillant les longues tiges d’une plante aux graines toxiques. Des diptyques en béton où se devine l’empreinte d’un pouce. Chaque objet, chaque image trouve sa place dans une mise en espace qui mobilise leur potentiel narratif autour de la figure du Sfouggaras – Pêcheur d’éponges.
On aime
Il émane de ces fragments d’histoires, de mémoire et de paysage une douceur inquiétante qui se joue dans le hors champ des images

Sean Scully
Blue
29 novembre 2025 – 17 janvier 2026
Thaddaeus Ropac Marais
Pourquoi il faut y aller
Peintre abstrait parfois qualifié de « romantique », sculpteur épris de monumentalité, Sean Scully bénéficie depuis les années 1980 d’une reconnaissance internationale.
Ce qu’on y voit
Un ensemble de neuf peintures sur cuivre, poursuivant la série emblématique Wall of Light de l’artiste, réalisées dans différentes nuances de bleu : céruléen, pâle, cobalt, bleu mauve ou lilas, vifs ou profonds, parfois mélangés de gris clair ou ardoise. Chaque pavé de couleur vient s’imbriquer aux autres dans des compositions denses où affleurent par touches infimes l’éclat doré du métal, comme une lumière à travers un vitrail. En exergue, un texte de Sean Scully évoquant sa mère chantant sur scène confirme la dimension sentimentale de ces constructions chromatiques qui empruntent aux palettes des maîtres du XXème siècle, Matisse et Picasso.
On aime
Les formes rectangulaires imbriquées sont caractéristiques aussi bien de la peinture que de la sculpture de Sean Scully, deux pratiques qui semblent fusionner ici pour parvenir à une pure musicalité de la couleur.

Robert Barry
Time…
22 novembre 2025 – 10 janvier 2026
Galerie Martine Aboucaya
Pourquoi il faut y aller
Robert Barry est une grande figure de l’art conceptuel qui postule que l’idée prime sur l’objet. Une approche défendue par la galeriste Martine Aboucaya dont la programmation privilégie les dispositifs textuels et les protocoles.
Ce qu’on y voit
Dans le prolongement du stand de la galerie à Art Basel Paris 2025, dédié à cinq pièces historiques immatérielles de Robert Barry datant de 1969 (convoquant la télépathie, le magnétisme, la radiation, les phénomènes psychiques et les gaz inertes), les œuvres murales de l’exposition, toutes récentes, s’articulent autour d’un vide. Ce nouveau projet de l’artiste décline en effet les lettres d’un seul mot, TIME, de l’éblouissement du néon à la fragilité de la ligne tracée au crayon. « Dernièrement, j’utilise le mot Temps suivi de trois points. Cela implique que quelque chose se poursuit au-delà de cet instant, qu’il y a matière à réflexion », écrit Robert Barry.
On aime
Pénétrer dans cet espace d’exposition et percevoir la présence invisible des ondes de pensées, portées par les mots.

Philipp Simon
You are in good Hands.
29 novembre 2025 – 17 janvier 2026
Lo Brutto Stahl
Pourquoi il faut y aller
S’il a été montré dans plusieurs expositions de galeries et de centres d’art en Europe et aux Etats-Unis, on ne connaît pas encore le travail du Berlinois Philipp Simon, qui mène de front une pratique de plasticien et d’auteur de science-fiction (son premier roman, Natur, est paru en Allemagne en 2024).
Ce qu’on y voit
Deux ensembles de pièces, des toiles couvertes de textiles et des sculptures monochromes, occupent l’espace de la galerie. Les premières, par leurs couleurs sourdes, les plis des tissus comme englués à leur surface, évoquent une vitalité éteinte. On y décèle des traces de frottage, ou le dessin d’une grille, suggérant un geste, une intention formelle. Postées en mirador, les formes aveugles des hautes sculptures géométriques en bois vernis (Obstacles) suggèrent pour leur part une limite brutale. La frontière entre soi et le monde fait partie des notions explorées par l’artiste qui prête une attention particulière à la scénographie de ses solos.
On aime
La façon qu’aPhilipp Simon, en chargeant la matière d’information, de faire passer du sens à travers la perception sensorielle, tout en ménageant l’ambivalence de l’interprétation.






